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Edito

En France, l’école et le diplôme sont considérés comme ce qu’il y a de plus important. C’est bien dommage... Car l’éducation, l’autonomisation et l’émancipation se réalisent largement au-delà du système scolaire.

Autonomie et émancipation

L’éducation telle que nous l’entendons en FJT doit amener les résident-e-s vers l’autonomie et l’émancipation. L’autonomie, c’est en quelque sorte une habilitation, une autorisation à agir en son nom propre, au sein d’une société. Cela demande donc de se sentir habilité, reconnu en tant que personne, autorisé à agir.
L’émancipation, c’est un processus qui doit permettre aux résident-e-s de devenir pleinement les auteurs de leur vie, d’être les sujets de leurs propres choix.
Il s’agit de faire reconnaître, aux résident-e-s eux-même d’abord, et à la société ensuite, leur propre utilité sociale, au-delà d’une injonction de mise en conformité avec ce que la société attend d’eux.

Aider les résident-e-s à reconnaître leurs propres compétences

Les résident-e-s ne sont pas forcément convaincus de l’utilité de se reconnaître à eux-même, et de faire reconnaître aux autres, leurs talents, leurs compétences, leur capacité et leur droit à agir.
Notre mission est de les accompagner vers leur construction de soi. Les accompagner vers l’emploi, certes, mais leur intégration ne sera que plus réussie si elle se fait en pleine conscience, et non pas uniquement parce qu’il le faut, pour rentrer dans la norme.
C’est pourquoi notre responsabilité en tant qu’équipes socio-éducatives est double :

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- D’une part favoriser l’implication des résident-e-s, de manière à ce qu’ils expérimentent, dans le cadre bienveillant du FJT, leur capacité à agir, qu’ils se rendent compte par l’action qu’ils sont capables de faire toutes sortes de choses. Qu’ils sont loin d’être nuls et inutiles.

- D’autre part, aider les résident-e-s à prendre conscience de ces compétences qu’ils mettent en pratique. Et c’est avant tout les reconnaître pour soi-même : j’ai organisé le dîner d’accueil, j’ai prévu les courses, coordonné la cuisine, été responsable jusqu’au bout en rendant la salle propre, etc. : ce n’est pas rien ! C’est à nous de leur faire prendre conscience que c’est là une expérience qui prouve qu’ils savent, qu’ils peuvent. Reconnaître ses propres compétences, c’est développer l’estime de soi, prendre confiance en soi, mais c’est aussi indispensable pour pouvoir ensuite les remobiliser, les mettre en pratique à nouveau. Si ces compétences ne sont pas reconnues, elles sont perdues : c’est à nous de les aider à limiter la déperdition entre ce que les résident-e-s vivent et ce qu’ils sont capables de nommer.