Analyser les contradictions

Toutes les méthodes présentées ci-dessous sont à adapter à vos situations particulières. Surtout ne les appliquez pas sans les questionner dans le contexte précis de votre action !
Et n’oubliez pas de rester ouverts, de ne pas vous figez sur votre programme, de vous adapter à ce qu’il se passe au cours de votre action, de privilégier le vécu sur le prévu !

Éclairage par un expert

Faire venir un-e expert-e pour permettre d’avoir un éclairage sur un sujet qui préoccupe les résident-e-s.
Pourquoi ne pas préférer faire intervenir l’expert-e à la fin, après le débat ?
En effet, on a souvent le réflexe de commencer par l’intervention de l’expert-e, et de donner ensuite la parole aux participant-e-s qui posent des questions à l’expert-e. Mais cela pervertit le débat, car l’expert-e donne son analyse, qui sert de base au débat. Alors que si on inverse les choses, les idées s’exprimeront librement, et ensuite l’expert-e, qui était présent-e pendant le débat, donnera son analyse, en répondant aux arguments qu’il-elle aura entendu lors du débat !

Arpentage

Toujours dans un objectif d’obtenir un éclairage sur une question, mais cette fois en partant d’un texte. Mais, pour que le texte soit "vivant", cette technique consiste à le déchirer pour séparer différentes parties, qui seront lues par différents sous-groupes.
(Symboliquement, le fait de déchirer le texte pour mieux se l’approprier est aussi assez intéressant !)
Chaque sous-groupe lit donc une partie du texte et en discute.
Puis tout le monde se retrouve et, en discutant, tente de reconstituer le texte d’origine.
Cette technique permet de s’approprier le texte autrement mieux que si l’animateur-trice le lit à haute-voix... !

Gros débat

Sélectionner quelques questions, plutôt provocatrices (par exemple "Johnny et Picasso, même combat ?").
Organiser l’espace avec plusieurs tables, et mettre une question par table.
Les participant-e-s vont sur la table de la question qui les intéresse. Ils participent au débat qui s’y tient. Et sont libres de changer de table quand ils le souhaitent.
Sur les tables, on peut utiliser la méthode problème / idéal / propositions (ci-dessous).

Problème / idéal / proposition

Pour chaque question, procéder en quatre étapes :
- C’est quoi le problème ?
Le FJT, c’est quoi le problème ? La restauration, c’est quoi le problème ? Le CVS, c’est quoi le problème ?
- Dans l’idéal...
Réfléchir à ce qu’on aimerait dans l’idéal
- Propositions
- Mise en œuvre, et qui fait quoi ?
Pour cela, ne pas oublier de spécifier en amont les contraintes et les possibilités, afin que les propositions ne soient pas déconnectées de la réalité. Par exemple, si une embauche est hors de question, bien spécifiée que les propositions ne peuvent pas engendre de nouvelle embauche, etc.

Débat butiné / en étoile

Cette technique permet de travailler en sous-groupe en évitant les longs temps de compte-rendu de ce qu’il s’est dit dans les autres groupes.
À propos d’une question, les participant-e-s se regroupent en sous-groupes, dans lesquels le débat se tient.
Les sous-groupes se disposent en "pétales" autour d’une table principale, autour de laquelle une personne par groupe s’assoit. Cette personne est celle qui va porter la parole de son groupe, lequel est derrière lui et entend tout ce qui se dit. Seuls les porteurs de parole peuvent parler à cette étape.
À l’initiative de l’animateur-trice ou à la demande d’un groupe, les débats "au centre" sont interrompus, pour qu’ils reprennent en sous-groupes.
Et ainsi de suite.
Attention, c’est une technique plutôt difficile pour l’animateur-trice... !

Le théâtre-forum

Également appelé Théâtre de l’opprimé, ou Débat théâtral, il a pour objectif de favoriser le développement et la capacité d’expression de toutes et tous.
« Essayons sur scène ce que nous devons défendre dans la vie ! ».
Une pièce est jouée, un des personnages agit pour obtenir un droit légitime qui est mis en échec par des personnages antagonistes. Ensuite, les spectateurs sont invités à venir jouer sur scène à la place d’un des protagonistes. Face aux acteurs et confronté à la scène initiale, le spect-acteur devra tenter de mettre en place des alternatives possibles au conflit.
La pièce est placée sous la responsabilité de la salle toute entière, acteurs et spect-acteurs. Il ne s’agit pas d’apporter un message ou de trouver la « bonne réponse », mais d’expérimenter ensemble sur scène des hypothèses, des solutions possibles.
Présence fondamentale pour soutenir l’interaction entre la salle et la scène, le metteur en scène de l’action, véritable interlocuteur, favorise le débat, analyse avec la salle les interventions du public et les réactions des comédiens. Il conduit la réflexion collective le plus loin possible.