Délibérer puis arbitrer

La technique boule de neige

Commencer par réfléchir 2 par 2. Trouver une position de compromis entre les 2.
Réunir les groupes par 2, qui sont donc maintenant constitués de 4 personnes , qui doivent trouver une position de compromis à partir de leurs deux positions précédentes.
Et cætera jusqu’à arriver à une position commune acceptée par tous.
Le risque de cette méthode est qu’elle accouche de la moins mauvaise solution pour tout le monde, qui n’est en fait une bonne solution pour personne (le genre de décisions absurdes que peut prendre un groupe...). À utiliser en connaissance de cause...

Le vote

Il y a différents types de votes, notamment :
- À la majorité absolue : la moitié des voix + une
- À la majorité relative : la proposition ayant reçu le plus grand nombre de voix remporte
- À la majorité qualifiée : un pourcentage supérieur à la majorité absolue. Ce pourcentage est fixé en amont, il peut être 60%, des deux-tiers, etc.
- Pour élire une assemblée : le scrutin proportionnel plurinominal : les électeurs-trices votent pour un parti, puis les sièges sont attribués aux différents partis proportionnellement au nombre de voix qu’ils ont obtenus.

La reconnaissance de l’expression minoritaire

On peut considérer qu’une décision à la majorité constitue une dictature de la majorité, si les avis minoritaires sont niés suite à cette prise de décision...
En effet, une caractéristique du vote majoritaire est qu’il a souvent pour conséquence de nier l’existence de l’expression minoritaire. Il faut être attentif-ve, même si une majorité se dégage, à ce que la minorité se sente reconnue en tant que telle.
Il peut d’ailleurs parfois être pertinent de demander aux personnes se trouvant en minorité si elles "consentent", bien qu’elles ne soient pas d’accord, à ce que la proposition de la majorité soit retenue. Il s’agit alors pour elles et eux de dire : "C’est d’accord, je suis en minorité, je consens à cette solution, mais je ne suis pas d’accord sur le fond et j’aimerais qu’on en reparle à une prochaine occasion".

Le vote sans candidature

Plutôt que de voter pour des candidat-e-s (et souvent, en ce qui concerne les CVS, nous avons du mal à ce que des résident-e-s se déclarent candidats), on propose aux participant-e-s de voter pour qui ils souhaitent.
Lors du dépouillement, on demande aux votant-e-s d’expliquer pourquoi ils ont voté pour telle personne. On assiste alors à un tour de table de compliments : "J’ai voté pour Machin parce qu’il est toujours à l’écoute", ’J’ai voté pour Bidule parce qu’elle n’a pas d’intérêt en jeu, et saura donc rester neutre". Assez épatant, quand on passe qu’une élection est généralement consacrée à ce que les candidat-e-s se critiquent mutuellement.
Un participant-e élu-e peut refuser. On recommence alors. Mais, cela dit, le plus souvent ils-elles acceptent, car ils-elles viennent de recevoir une telle preuve de considération et de confiance de leurs concitoyen-ne-s qu’ils-elles s’en sentent capables, alors qu’ils-elles ne l’auraient pas imaginé quelques heures plus tôt !

Par ailleurs, on peut se demander ce qui est le plus représentatif : une assemblée élue, ou une assemblée tirée au sort ? Si l’élection se fait à partir de candidature, alors il y a fort à parier que l’assemblée ainsi élue ne sera que peu représentative de ses électeurs-trices. En effet, celles et ceux qui se seront présenté-e-s seront plutôt des "grandes-gueules" bien dans leurs baskets, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Alors que, d’un point de vue purement statistique, une assemblée dont les membres sont tirés au sort devrait être assez représentative... Non ? ;)

Le vote sans candidature a été expérimenté dans plusieurs FJT pour l’élection des représentants au CVS : télécharger la fiche-bilan de ces expérimentations en FJT.

La co-décision

L’essentiel, quand on met en place une co-décision avec les participant-e-s, est de s’assurer que la décision qu’ils-elles prendront, quelle qu’elle soit, sera respectée. Si elle ne l’est pas, c’est pire que tout pour notre crédibilité, et pour leur foi en la démocratie !
Il est donc indispensable EN AMONT de donner toutes les contraintes (tant de budget, pas de création de poste, pas de nuisances sonores, etc.)