Insertion : gros mot ou enjeu majeur ?

"Insertion : gros mot ou enjeu majeur ?", c’était le thème de la dernière Journée des équipes socio-éducatives qui s’est déroulée le 28 juin dernier.

Qu’est-ce que l’insertion ?
C’est un nouveau mot, une notion administrative qui sert de qualificatif à différents dispositifs de politique sociale mis en place depuis les années 1970.

Mais, concrètement, parler d’insertion, c’est parler d’intégration sociale et socioprofessionnelle, de valorisation de l’individu, d’appartenance à un groupe, d’appropriation des normes et des règles, d’emploi mais aussi de l’ensemble des problématiques sociales, d’exclusion.
C’est parler du rapport des individus avec le groupe dans lequel ils sont sensés être intégrés. De l’ensemble de leurs rapports avec leur environnement social. De leur place dans la société. Et c’est aussi questionner cette société et la place qu’elle laisse aux individus qui la composent.

Force est de constater que la crise actuelle, qualifiée d’économique mais qui va bien au-delà en touchant à l’organisation de la société, fait peser une menace sur l’avenir, et donc sur les jeunes. Alors que les récents scrutins mettent en évidence l’existence d’une tendance au repli sur soi et à la peur de l’autre, nous devons nous interroger et nous mobiliser autour de notre responsabilité en tant que professionnel-les de l’accompagnement de la jeunesse. L’insertion, c’est avant tout l’existence de solidarité et de lien social.

En FJT, les équipes socio-éducatives proposent un accompagnement global aux résidentes et aux résidents, et permettent d’aller largement au-delà de la réponse immédiate aux questions de logement ou d’insertion sociale.

Il est également de notre ressort de contextualiser les situations dans lesquelles se trouvent les résident-e-s. L’individualisation du social tend à faire porter la totalité de la responsabilité de leur situation aux individus, ce qui est humiliant. Questionner la société, vivre par exemple la dimension collective du chômage, c’est comprendre les raisons de sa souffrance ("la science de son malheur"), et retrouver sa dignité.

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