Permettre l’expression des avis

Groupes d’interviews mutuels

Préparer quelques questions, que les participant-e-s travailleront en sous-groupes de 3.
Le 1er des 3 membres du groupe donne sa réponse aux questions aux 2 autres, qui le questionnent pour aller plus loin. Ils prennent des notes sur ce qu’il se dit.
Puis c’est au 2è de donner sa réponse, et enfin au 3è.
Bien cadrer dans le temps, par exemple 10 ou 15 minutes par personne.
Avec cette méthode, il ne faut pas vouloir faire ensuite une synthèse en grand groupe, car ce serait extrêmement long (et probablement ennuyeux). Préférer par exemple donner à chaque groupe autant de feuilles qu’il y avait de questions, et leur demander de noter sur ces feuilles les mots clefs de leurs réponses. Affichez ses feuilles classées par question, et chacun pourra aller les lire à la pause café !

Les récits

Récits d’expériences, récits autobiographiques, ou autre...
Toujours en petits groupes, il s’agit de partir du vécu de chacun pour effectuer une recherche collective.
Partir du vécu permet d’éviter de demander directement des arguments. Plutôt que de demander "Quelle est votre position sur le nucléaire ?", demandez plutôt "Quand avez-vous pour la première fois entendu parler du nucléaire ?". La discussion s’enclenchera extrêmement facilement, et des analyses en sortiront.
Cette méthode permet également de légitimer l’expérience, de montrer à chacun-e qu’il-elle a un avis et que celui-ci est très valable.
Ainsi, demander à des mères au foyer "Quel moment en temps de maman a été le plus dur, et lequel a été le plus gratifiant ?" libèrera nettement plus facilement la parole que de leur demander "Que pensez-vous de la parentalité ?". On atteint pourtant le même objectif !

Doutes et certitudes

"Sur tel sujet, quels sont vos doutes et vos certitudes ?"
Cette formulation fonctionne sur tous les sujets, les révolutions arabes, le tri sélectif, le CVS, etc., et permet de sortir immédiatement de la langue de bois.

Paroles boxées

On se met en rond, et chaque personne a maximum 6 minutes pour dire quelque chose qu’il a sur le cœur, sans être interrompu par les autres. Chacun-e ne prend la parole qu’une seule fois au cours de la session.
Cette technique permet de mettre en place un très beau moment d’écoute.

Débat mouvant

Avec cette méthode on arrive à la limite de l’analyse.
Il s’agit de comprendre le contradictions, non pas de les résoudre. L’objectif est de se poser des questions, non pas d’y répondre.
Le groupe se réunit, debout au centre de la pièce. L’animateur-trice explique les règles : il va donner une affirmation. Celles et ceux qui sont d’accord avec cette affirmation se mettent là, et celles et ceux qui ne sont pas d’accord se mettent ici.
L’animateur-trice doit choisir une affirmation qui clive, sur laquelle les participant-e-s vont être partagé-e-s. Il est important de tester en amont ses "affirmations" sur des ami-e-s, pour s’assurer qu’elles produisent l’effet escompté. Quelques exemples :
- Aujourd’hui, le syndicalisme est utile et efficace
- L’animateur-trice doit être neutre
- Participation, piège à con
- Participer, c’est faire de la politique
- Pour faire avancer les droits sociaux, il faut de la violence.
Une fois séparés en 2 groupes, les participant-e-s construisent par 5 ou 6 des arguments pour défendre leur position.
La parole est au groupe minoritaire. Il peut donner un argument.
Chaque participant-e est libre de changer d’avis à tout moment, si un argument lui paraît pertinent. Il explique alors pourquoi au groupe.
Les groupes donnent chacun à leur tour un argument. L’animateur-trice distribue la parole en s’assurant que ce ne sont pas toujours les mêmes qui prennent la parole au sein des groupes.
L’animateur-trice clôt le débat après quelques échanges. Il ne s’agit pas d’avoir créé un consensus, mais d’avoir identifié les questions qui se posent.

Porteur de paroles

JPEG - 508.9 ko
Le porteur de paroles permet de contourner le problème de la mobilisation, dans un 1er temps du moins.
L’animateur-trice prépare une question ouverte. Cette question ne doit pas être polémique. Elle doit interroger, et laisser libre cours à l’imagination. Ce peut être par exemple "Que faites-vous de votre temps libre ?", "Que pensez-vous de votre quartier ?", "On dit que les jeunes travaillent moins qu’avant, qu’en pensez-vous ?", "Liberté, égalité, fraternité : lequel de ces trois termes vous touche le plus ?". Il faut éviter que la question entraîne la création d’un cahier de doléances. N’hésitez pas à tester votre question avant de vous lancer !
L’animateur-trice écrit cette question en très gros sur un très grand panneau. Et si celui-ci peut être beau, c’est encore mieux !
Il-elle dépose à proximité plein de petits panneaux (colorés eux aussi !). Les résident-e-s vont passer devant la question, s’arrêter. L’animateur-trice ira alors les voir "Tu en penses quoi ?". La discussion commence. Après quelques minutes, l’animateur-trice propose au résident-e d’écrire ensemble sur un petit panneau un élément clef de la discussion qu’ils viennent d’avoir. Le petit panneau est ensuite affiché à côté du grand.
Le résident-e suivant passera devant la grande question, qui l’interrogera, et il-elle lira aussi la contribution du résident-e précédent-e. Il-elle réagira, cela fera un nouveau petit panneau, et ainsi de suite !
Petit à petit, on a un débat qui s’installe, qui se nourrit. Les curieux-ses peuvent lire tout cela. Et, si tout fonctionne bien, la discussion se fera bientôt en direct. Il sera alors temps d’organiser un débat pour en parler tous ensemble !

Phrases testées dans les FJT du réseau :
- Quand on vous dit "Protégez-vous", à quoi pensez-vous ? (à L’Appart)
- Qu’est-ce qu’être étranger pour vous ? (à Relais Accueil)
- Qu’aimez-vous manger ? (à L’Etape)
- Vous vous sentez citoyen quand... (à Championnet)
- Si vous étiez un homme ou une femme politique, que changeriez-vous dans votre ville ? (à L’Etape)
- Quelles sont vos propositions pour améliorer la vie dans la résidences ? (à L’Appart)
- Qu’est-ce que "vivre ensemble" ? (à l’ALJEVO de Beaumont)
- Que signifie pour vous le pouvoir ? (à Championnet)
- C’est quoi la politique pour vous ? (à Championnet)
- Si vous aviez le pouvoir, que changeriez-vous dans votre ville ? (à Championnet)

Télécharger la fiche-bilan des expérimentations de porteurs de parole en FJT.

Les post-it

Une question est posée et notée sur un tableau par l’animateur-trice.
Chaque participant-e y réfléchit de manière individuelle dans un temps défini, puis note ses réponses sur un papier (de type Post-it).
L’animateur-trice lit et colle sur le tableau les différentes réponses récoltées en les regroupant par thème.
Pour que cela fonctionne, respecter ces quelques règles :
- une idée par Post-it ;
- réponse courte ;
- écriture lisible et assez grande